éditions^ermeille  
Il était minuit vingt, lorsqu’il se réveilla.
 
Il enfila rapidement une robe de chambre et déverrouilla sa porte. Il fut ébahit de trouver devant lui, deux mécaniciens un peu bizarres qui le menaçaient avec une arme. Il recula, alors que les deux hommes s’avançaient sur lui et refermaient la porte derrière eux.
 
  • Désolé mon capitaine mais nous devons vous transmettre des nouvelles de votre famille… C’est surtout la mama… Elle ne va pas bien du tout !
  •  
    Il s’agissait de le mettre en condition.
     
    Andrés sortit un téléphone portable de sa poche et aussitôt la liaison fut établit avec son domicile. L’image, lui renvoya immédiatement la vidéo de sa belle mère qui semblait morte, dans son fauteuil.
     
  • C’est la vie… Personne n’est éternel… A mon avis, elle n’a pas souffert !
  •   Vicente, prenait un léger accent, pour ne pas être reconnu. Son ton rauque et son air nonchalant ; à la fois moqueur et angoissant, révolta le capitaine.
  • Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
  • Allez savoir ?... Il faudrait maintenant penser au reste de votre famille. Votre petite fille est superbe mais la vie est si fragile…
  • ?? Visiblement sa façon de prendre les choses à la légère était menaçante et laissait supposer le pire. Les images qui arrivaient sur l’écran du téléphone mobile, montraient maintenant sa fille qui venait de se réveiller et qui s’était mise à pleurer.
  • Salauds, vous êtes des salauds ! Pourquoi avez-vous fait cela, que voulez-vous faire ?
  • Vous sauver… Tout simplement vous sauver !
  •  
      Vicente marqua une pose, puis donna l’impression de réfléchir à la façon dont il allait expliquer ce qui arrivait… Comme s’il cherchait une solution?
  • On soupçonne qu’il y ait une bombe à bord du bateau. Il risque de graves dégâts et il peut y avoir de nombreuses victimes. Nous souhaitons que vous preniez des mesures...
  • Comment cela ?
  • Dans un premier temps, vous allez ordonner à tous les passagers, sans exception,  de se rendre dans la salle du théâtre.
  • Que voulez-vous faire ?
  • ***


     

     Lorsque la Rolls-Royce Phantom VIII, d’un blanc nacré,  pénétra dans le domaine d’Ornival, Shelly écarta les yeux devant l’immense relais-château, dans lequel elle allait célébrer son mariage.
     
    Le parc était magnifiquement entretenu et le Château paraissait grandiose.
     
    La limousine semblait glisser sur le sol, sans aucune vibration et ses cuirs respiraient le luxe. Il en était de même de ses décorations intérieur en ronce de noyer ; son bar intérieur discret et la sonorisation très pure qui diffusait quelques notes douces de piano.
     
    Shelly avait l’impression de vivre un comte de fée. Elle était toutefois inquiète sur le déroulement de la cérémonie. Leurs familles n’avaient-elles pas fondées trop d’ambitions dans ce mariage ?

    N’avaient-elles pas dépensé sans compter et d’une façon trop exagérée ?
    Quelque part, elle se sentait angoissée. Serait-elle à la hauteur ?
     N’allait-elle pas les décevoir ?

     
    Carlos Reinhardt tapa dans ses mains pour demander l’attention des invités, puis il les remercia.
    - Bonjour à tous et merci pour votre présence. Dieu est ici, parmi nous, et votre présence en est la preuve.
    L’invocation de dieu dans la communauté était courante. Très croyants, ils vivaient, parfois, très éloignés des préceptes de la religion, sans pour autant s’en sentir coupables. Il reprit en se retournant vers Shelly :
    - Ma fille, n’est elle pas magnifique ? 
    Des applaudissements retentirent et il sourit en disant :
    - Avant de nous diriger vers l’église, je vous propose de prendre un premier verre, pendant que ces dames vont procéder à nos traditions. 
    Plusieurs femmes entrainèrent Shelly vers une petite salle entourée de voiles afin de pratiquer le Panuelo rituel.
    Elles souriaient, essayant de la rassurer. Il s’agissait d’une simple formalité qui faisait partie de la fête. Elles allaient pouvoir exhiber le mouchoir qui prouverait la virginité de la mariée et les convives allaient crier de joie comme l’exigeait leur coutume.
    ***
    Lorsque la roue avant droite heurta la bordure du trottoir, Mickael se remémora rapidement les vingt quatre heures précédentes.
    Le cauchemar !...
    Pourquoi avoir emprunté cette voiture, sans l’accord du  propriétaire ?...  Bien sûr, il s’agissait d’une superbe voiture. N’était-elle pas celle choisie par un ancien président de la république ?...
    Celle-ci ne comportait pas de carrosserie, ni de vitres blindées, mais l’intérieur était en véritable cuir souple de couleur grise, le même qui gainait le volant.
    Le tableau de bord se distinguait par des chromes auxquels  s’ajoutaient des éléments en de ronce de noyers. Il était tout simplement magique, et de dernière génération.
    Mickael avait aussi été séduit par la généreuse motorisation. Les cent cinquante chevaux du moteur, alliés à une boite de vitesse automatisée, la rendaient grandiose.
    Sans parler du vernis impeccable de la carrosserie métallisée, auquel s’ajoutaient les jantes en alliage de toute beauté qui donnaient le plus bel aspect.
    Le heurt avec le trottoir tira Mickael de sa torpeur.

     
    ***
    Le soleil frappait très fort en ce début juin. Les invités étaient regroupés sur le pont, et l’air marin apportait une fraicheur appréciable. Le yacht sur lequel ils se trouvaient mesurait trente six mètres de long et disposait de six cabines, en plus de celle des propriétaires. Le flybridge était équipé d’immenses bains de soleil. Les deux moteurs de deux mille six cents chevaux ronronnaient paisiblement.

    La famille DUVAL avait fait réaliser la finition du bateau dans ses chantiers. Pour des raisons fiscales il était immatriculé à l’étranger et était sensé être destiné à la location, bien qu’il soit essentiellement utilisé par leur famille.
    Mickael veillait à en prendre le plus grand soin. C’était sa fierté. Il regardait son navire avec beaucoup de prestance. Il était habillé, ce jour là, d’une chemisette blanche et d’un pantalon blanc immaculé, et chaussé de mocassins blancs sur mesure, fabriqués spécialement par un chausseur réputé.

    Mathilde surveillait surtout Ariana, car la petite fille commençait à courir partout, et elle redoutait qu’elle passe par-dessus bord, bien que les francs bords du yacht soient assez hauts.
    ***
    Deux jours après, ils se retrouvaient durant la pose, dans la chambre de Jocelyne. L’idée de se déshabiller devant un homme qu’elle ne connaissait pas lui fut insupportable, mais elle ne pouvait plus reculer.

    Germain l’aida un peu. Il n’était pas brutal. Allongée sur le lit, elle ferma les yeux, et essaya d’oublier. Son compagnon d’un moment, ne mit pas longtemps à atteindre son plaisir.

    Il la laissa, en comprenant qu’elle n’était pas une coutumière de ce genre de pratique. Avant de partir, il glissa deux billets de cinquante francs sur la vieille table de nuit, à côté du lit.

    En réalisant ce qui c’était passé, Jocelyne pleura beaucoup. Comment en était-elle arrivée là !...

    Elle fit rapidement une toilette, remit de l’ordre dans sa tenue, et redescendit à son travail.
    ***
  • Alex, Alex!
  • Il entendait encore, cet appel désespéré de Sophie, puis ce hurlement aigu sortant de la gorge de la jeune femme. Ce cri horrible qui résonnait dans sa tête en permanence. Jamais, il n’arriverait à cesser de l’entendre.

    Il était condamné à vivre avec ce malheur éternellement ; à revoir cette image qui le poursuivrait jusqu’à la fin de sa vie. C’est pourquoi, il devait en finir ; trouver le silence, la sérénité, même si c’était au prix d’une douleur épouvantable. Au moins, elle serait rapide ; une fraction de seconde et tout serait fini.

    Il se rendit compte qu’il tremblait. Ce n’était pas la crainte de mourir qui le mettait dans cet état, c’était l’intensité dans laquelle il vivait ; une sorte d’excitation malsaine qui l’empêchait de se contrôler et lui rendait impossible toute maîtrise de lui-même. Il était comme possédé. Il n’avait jamais vraiment cru aux religions. D’ailleurs aurait-il vécu de cette façon, s’il y avait cru ?

     
     Chez lui, ce n’est pas le grand luxe mais il y a tout ce dont il a besoin. Vis-à-vis de ses voisins, il reste très discret. Il parle peu ; tout juste « Bonjour, Bonsoir… ». Personne ne s’intéresse vraiment à lui. Pourtant Sylvain est riche, même très riche !...

             Qui pourrait se douter, qu’il a gagné, deux mois auparavant, vingt huit millions d’euros au loto ?

             Cet argent devrait le rendre heureux mais il craint de devenir une cible et il s’inquiète, de ne pas pouvoir trouver un jour, un amour sincère ?
     
             Christelle est délurée, rieuse et volubile. Lydia, est très belle, douce et timide. Elles pourraient lui permettre de trouver cet amour car elles ignorent totalement, l’ampleur de sa fortune…
    Ce matin là, lorsque Maria tirait les rideaux de sa chambre, Alexandre faillit se fâcher. La lumière pénétra brutalement et il maudit, un instant, celle qui venait de commettre ce geste. Puis, il se reprit, la vieille femme le connaissait depuis qu’il était né et faisait presque partie de la famille.
    Il lui dit en ouvrant les yeux difficilement :
     
  • Quelle heure est-il, Maria ? Il fait déjà jour !...
  • Il est 11 heures, Alexandre, et tu m’avais dit de te réveiller !
  • C’est vrai, j’avais oublié mais c’est dur ce matin !..., tu m’as préparé un café ?
  • Tout chaud et avec deux croissants bien frais !
  • Merci, tu es gentille.
  • Le jeune homme de vingt quatre ans, aimait bien cette femme âgée qui s’occupait de la résidence d’été de ses parents. Elle l’avait pris en affection depuis qu’il était tout petit et qu’il venait passer ses vacances dans cette superbe villa du cap d’Antibes.
     
             Claude tient à bout de bras un parpaing de plusieurs kilos et s’apprête à le lancer.
             Devant lui, son frère Georges, a avancé son pied gauche et attend !...
    Ils viennent de sortir de déjeuner et sont encore dans l’émotion. La discussion a tourné autour de la guerre d’Algérie. Appelé du contingent, Georges a expliqué l’enfer qu’il vivait là bas. Y retourner c’est s’exposer à une mort certaine et au mieux à un handicap à vie. Il a vu tellement de ses camarades tomber près de Palestro. Il a appris comment les ennemis traitent leurs prisonniers. Il a vécu des choses horribles.

    Bien sûr !... Ses compatriotes ne sont pas meilleurs ; la haine anime chacun, et les atrocités se multiplient.
    De plus, ils savent tous qu’ils défendent une cause perdue et qu’ils ne peuvent pas en sortir vainqueurs.
    Claude hésite !... Pourtant, ce n’est pas dans ses habitudes.

     
    La musique douce, émouvante, annonciatrice de fin de vie, arrivait sur le fond numérique qui ornait son lieu de repos. Elle ne voulait pas croire à cette annonce. Pourtant, elle savait qu’elle était réelle. Ils avaient osé, ils l’avaient fait !...
    Nous étions en 2062 et les pouvoirs publics avaient décidé de ne pas poursuivre indéfiniment les traitements des personnes âgées. La planète arrivait à saturation.
    Adélaïde était consternée, son père venait de mourir. Les médecins avaient supprimé son assistance médicale, et choisi  d’accélérer sa fin de vie. Cela correspondait aux décisions prises par le gouvernement. L’équilibre budgétaire et planétaire en dépendait.
    Par ailleurs, ils avaient salué en haut lieu, la signature de la convention internationale autorisant le retrait des nationalités aux personnes convaincues de traîtrise à leur communauté, ou étant suspectées de préparer des actes terroristes. Les émigrés incapables de justifier de leur appartenance à un peuple par une identité incontestable, se retrouvaient eux aussi assimilés aux apatrides.
    Il s’accrochait désespérément à la roche.
    Sous ses pieds se trouvait l’immensité du gouffre. C’était le vide à l’infini !
    Ses mains glissaient progressivement, mais il résistait, il ne voulait pas lâcher prise. Ses jambes ne pouvaient pas bouger. Elles semblaient retenues, comme si elles étaient dans un sac. Il aurait voulu s’aider de ses pieds, mais ceux-ci refusaient de réagir, comme ankylosés et lourds...
    Sa respiration était difficile et puis il y avait ce mal qui taraudait sa gorge. Pourquoi était-il gêné à ce point ?... C’était comme si quelque chose y était coincé. Il y avait aussi ce bip lancinant qui venait de loin, répétitif et pénible.
    En ouvrant légèrement les yeux, la lumière l’éblouit, il aperçut des formes qui s’agitaient autour de lui. Où était-il ?
    Des images différentes défilaient dans sa tête, sans qu’il réalise exactement sa situation. Pourtant, il reprenait peu à peu conscience.
    Pourquoi était-il allongé sur ce lit ?
    Quels étaient ces gens autour de lui ?
    Lorsque la roue avant droite heurta la bordure du trottoir, Mickael se remémora rapidement les vingt quatre heures précédentes.
    Le cauchemar !...
    Pourquoi avoir emprunté cette voiture, sans l’accord du  propriétaire ?...  Bien sûr, il s’agissait d’une superbe voiture. N’était-elle pas celle choisie par un ancien président de la république ?...
    Celle-ci ne comportait pas de carrosserie, ni de vitres blindées, mais l’intérieur était en véritable cuir souple de couleur grise, le même qui gainait le volant.
    Le tableau de bord se distinguait par des chromes auxquels  s’ajoutaient des éléments en de ronce de noyers. Il était tout simplement magique, et de dernière génération.
    Mickael avait aussi été séduit par la généreuse motorisation. Les cent cinquante chevaux du moteur, alliés à une boite de vitesse automatisée, la rendaient grandiose.

     
    Ce livre reprend la totalité de la saga Mickael